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Prenez soin de votre microbiote !

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Connaissez-vous le microbiote ? Ce petit monde de germes que nous hébergeons est encore un mystère pour la plupart d’entre nous. Dommage, car mieux le comprendre nous invite à repenser la santé de manière globale et à prendre soin de nous et de notre environnement.

Personnellement il me fascine et j’en parlerai souvent sur ce blog, voici donc une « petite » introduction du sujet.

Un nouvel organe

En réalité, je devrais parler des microbiotes car nous en avons plusieurs : ceux de la peau, des poumons, de la bouche, de l’intestin et pour nous mesdames, du vagin. Bien qu’ils soient tous en lien les uns avec les autres, le microbiote intestinal est le plus important : il contient 100.000 milliards de germes et pèse jusqu’à 3 kg. Nous hébergeons donc plus de bactéries que nous n’avons de cellules propres ! Impressionnant non ? Il a pourtant longtemps été négligé car méconnu et surtout très difficile à étudier, mais depuis quelques années de nouvelles techniques ont permis aux chercheurs de s’y intéresser et les découvertes sont telles qu’il est désormais considéré comme un organe à part entière.[1][2]

Cet intérêt lui vaut d’ailleurs d’être mis à toutes les sauces par les magazines de santé et les laboratoires qui promettent, par un marketing en règle, de soigner tous vos troubles en rééquilibrant votre microbiote grâce à un régime drastique ou un produit révolutionnaire… Ceux qui ont navigué sur internet pour trouver une solution à leurs problèmes de santé le savent : on s’y perd, on se persuade de souffrir de tel ou tel trouble, on essaie des régimes et des compléments avec espoir mais on est bien souvent déçus… Et c’est normal car l’équilibre physiologique est plus complexe que cela !

Les rôles du microbiote intestinal dans l’équilibre physiologique

Le microbiote est l’illustration parfaite de cette complexité : à la fois témoin et acteur de notre état de santé, il est lié à l’ensemble de notre organisme par de nombreux mécanismes à double-sens qui peuvent s’avérer bénéfiques ou délétères selon sa composition.

Essentiel à la digestion, le microbiote protège des agressions extérieures, sécrète de nombreuses substances importantes pour la santé (vitamines, anti-inflammatoires), il est en lien direct avec le système immunitaire, hormonal ou encore le cerveau pour la gestion du stress, de l’anxiété, la régulation de l’appétit… Ses nombreux rôles en font une des clés de voûte de l’homoéostasie et nous montre ainsi à quel point notre santé doit être envisagée de manière globale. [1][2][3]

Une chose semble certaine : il n’y pas de bonne santé sans un microbiote bien équilibré !

Ça veut dire quoi un microbiote bien équilibré ?

Le microbiote varie d’une personne à l’autre, un peu comme une empreinte biologique : chacun s’est construit avec une composition unique de germes (différentes familles, différentes souches…). Même s’il y a des grandes lignes pour tous, il y a pour chacun une composition et une densité idéale.

Oui mais voilà, on ne sait pas encore le définir cet idéal… On est donc loin du probiotique sur-mesure qui permettra à chacun de « réparer » son microbiote et bien qu’il existe des solutions pour le soutenir dans un retour à l’équilibre, le mieux reste évidemment de comprendre ce qui risque de l’impacter pour agir en prévention. [1][4]

La dysbiose

Le microbiote est résilient : soumis à un impact raisonnable (petite cure d’antibiotiques, gastroentérite…) il pourra se reconstituer, mais impacté de manière trop intense ou chronique il perd sa richesse en nombre de germes et/ou en variété, c’est ce qu’on appelle une dysbiose.

Dans cet état de déséquilibre et généralement associé à une hyperporosité intestinale, le microbiote ne remplit plus ses missions et peut même devenir délétère : protection moindre contre les agresseurs, mauvaise dégradation et assimilation des aliments, sécrétion de substances nocives pour l’organisme au détriment des bénéfiques, impact négatif sur le système immunitaire, hormonal et nerveux.

Qu’est ce qui déséquilibre mon microbiote ?

Nos germes se nourrissent de ce qu’on mange ! Le contenu de notre assiette détermine donc les souches que l’on favorise et celles que l’on fait disparaitre. Préférez donc une alimentation Bio, non industrielle (sans colorants, additifs, émulsifiants) et équilibrée c’est-à-dire riche en fibres, raisonnable en protéines, pauvre en sucres et en mauvaises graisses. [1][4][8]

Le microbiote sera aussi fortement impacté par la déshydratation, le manque ou l’excès d’activité physique, le stress, le manque de sommeil, les infections, les déséquilibres hormonaux, les pesticides, les polluants, certains médicaments (antibiotiques, IPP, cortisone, chimiothérapie) … [1][3][4][7]

S’il est facile d’agir en bougeant ou buvant plus, il est impossible d’éviter certains polluants ou traitements médicamenteux. C’est pourquoi il est important d’entretenir un microbiote suffisamment robuste pour qu’il puisse résister aux aléas de la vie ! L’hygiène de vie est la condition sine qua non à cet entretien : grâce à l’alimentation, l’activité physique et la gestion émotionnelle vous ferez du bien à votre microbiote et à votre santé en général.

Même si elle n’en est pas toujours l’unique cause, on retrouve ainsi un état de dysbiose dans de nombreuses pathologies, signes d’un déséquilibre plus global dans lequel la dysbiose est à la fois cause, conséquence et facteur aggravant, dans un cercle vicieux de non-santé.

Tout comme les microbiotes, les dysbioses sont diverses et les conséquences peuvent être très variées. On parle bien sûr des troubles intestinaux mais pas nécessairement et pas seulement :

  • Problèmes intestinaux de légers à sévères : Syndrome de l‘Intestin Irritable, Candidose, SIBO (prolifération bactérienne dans l’intestin grêle), MICI (Crohn, Rectocolite hémorragique), certains cancers (colorectal, estomac) …
  • Maladies cardiométaboliques (obésité, diabète II, athérosclérose…)
  • Allergies
  • Infections ORL à répétition
  • Maladies inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, lupus, sclérodermie, SEP)
  • Maladies psychiatriques (dépression), neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer…)
  • Problèmes de peau
  • Infections urinaires et vaginales

Il est donc important de s’occuper du microbiote en parallèle de la prise en charge médicale et/ou naturopathique de ces troubles.[1][2][3][4][5][6]

Que faire en cas de dysbiose ?

Si vous pensez que votre microbiote est perturbé et que vos problèmes de santé y sont potentiellement liés vous ne devez surtout pas vous auto-complémenter ou suivre seul un régime drastique à la mode (crudivore, cétogène, sans FODMAPS, sans glucides…), au risque d’aggraver votre état de santé.

En première intention, une consultation médicale permettra de diagnostiquer ou d’exclure certaines pathologies.

Il sera ensuite important de vous prendre en main de manière globale à l’aide de votre naturopathe pour adapter votre hygiène de vie et, si besoin, faire des analyses complémentaires et suivre un protocole (alimentation, micronutrition et phytothérapie) permettant de retrouver progressivement un microbiote en bonne santé !

N’hésitez pas à me consulter, je suis là pour vous accompagner face à vos problèmes de santé.

[1] « Le microbiote intestinal, un organe à part entière », coordonné par Philippe Marteau et Joël Doré, John Libbey Eurotext, 2017
[2] « Microbiote intestinal (flore intestinale), Une piste sérieuse pour comprendre l’origine de nombreuses maladies », Inserm, 2021.
[3] « Quand le ventre guérit la tête, les pouvoirs du microbiote », Cerveau&Psycho N°123 juillet-aout 2020
[4] « En finir avec la candidose », Dr Eric Lorrain, Edition Solar Santé, 2017
[5] « Syndrome métabolique : un lien entre atteinte inflammatoire vasculaire et microbiote intestinal », Inserm, 2021.
[6] « Les prébiotiques préviennent les allergies alimentaires », Inserm, 2015.
[7] Use of Shotgun Metagenomics and Metabolomics to Evaluate the Impact of Glyphosate or Roundup MON 52276 on the Gut Microbiota and Serum Metabolome of Sprague-Dawley Rats, Robin Mesnage, Environmental Health Perspectives, Volume 129, Issue 1, 2021.
[8] « Les émulsifiants alimentaires augmentent le pouvoir pathogène de certaines bactéries et le risque d’inflammation intestinale », communiqué de presse Inserm, 2020 .

Crédits de l’image d’illustration : DataBase Center for Life Science (DBCLS), CC BY 4.0, via Wikimedia Commons